La filière française

Dans un contexte de campagne 2018 mondialement à la baisse, les Organisations de Producteurs nationales auront cependant réalisé des livraisons de 151.273 tonnes aux usines. 139.208 tonnes nettes (dont 11.054 tonnes en AB), après réfactions contractuelles, ont été transformées. Après la campagne 2017 qui a été la plus importante depuis 2009 et au terme de laquelle la barre des 200.000 tonnes avait été franchie, la campagne 2018 enregistre la pire des performances constatées depuis 2007. D’autant qu’avec 12.042 tonnes de réfaction, ce sont 7,96 % des volumes livrés qui n’ont pas été agréés en 2018 qu’il faut comparer aux 5,76 % de la campagne 2016 et aux 7,56 % de 2017. Soit une   augmentation régulière de plus de 31 % des taux de réfactions depuis 2016.

La moyenne nationale des livraisons de tomates par exploitation de 835 tonnes chute vertigineusement par rapport aux 1.045 tonnes de 2017 et aux 1.040 tonnes de 2016 et s’inscrit comme étant la plus faible de ces dix dernières années, dépassant même à la baisse la mauvaise performance des 986 tonnes de 2015.

Toutefois, si tous les bassins de productions sont concernés par cette chute conséquente des livraisons, il faut noter la très grande disparité des régions ainsi que l’impact de la spécialisation des exploitations des différentes régions.

Ainsi, les livraisons moyennes des exploitations de Provence après avoir augmentées significativement pour atteindre leur meilleure performance de ces dix dernières années à 2.040 tonnes en 2017, perdent 26 % à 1.508 tonnes en 2018, (en comparaison des 1.844 tonnes en 2016 ; 1.518 t. en 2015 ; 1.785 t. en 2014 ; 1.650 t. en 2013 et 2012 ; 1.800 t. en 2011 et 1.706 t. en 2010).

Celle du Languedoc, en revanche, diminue moins sensiblement de 2.664 tonnes à 2.196 tonnes (- 18 %) en comparaison des 3.746 tonnes de 2016.

Dans le Sud-Ouest, la baisse de la moyenne des livraisons est moins marquée avec - 15 % à 540 tonnes (637 tonnes en 2017), mais est très nette par rapport aux 705 tonnes de 2015, et 836 tonnes de 2014.

Les livraisons des exploitations de Rhône Alpes chutent elles aussi de 26 % à 491 t. (662 tonnes en 2017, 613 t. en 2016 et 586 t. en 2015).

Ces moyennes régionales masquent cependant l’existence d’une très grande diversité des exploitations productrices.

En 2017, seulement 10 exploitations avaient eu une production de tomates supérieure à 3.000 tonnes dont 5 entre 3 et 5.000 tonnes et 5 entre 5 et 10 000 tonnes. En 2016, elles étaient 14 et toutes dans le grand Sud-Est.

En 2018, seules 7 Exploitations du Gard et des Bouches du Rhône ont livré plus de 3.000 tonnes. Une seule franchissant a nouveau et contrairement a la campagne 2017 les 10.000 tonnes.

Au final, une superficie de 2.184 ha a été déclarée en 2018 dont 275 en AB. (2.479 ha en 2017 dont 185 en AB).


Évolution du nombre de producteurs, du tonnage et des superficies

 

Le nombre d’exploitation qui s’était redressé en 2008 et qui, en 2011, avait atteint son meilleur niveau avec 195, diminue de 11 % en 2018 à 164 exploitations.

Le rendement national moyen par hectare de 63,7 tonnes enregistre sa pire performance depuis 2013, (77 T/Ha en 2017, 80 T/Ha en 2014, 82 T/Ha en 2011).

Ce rendement moyen national masque, quel que soit le bassin de production, des écarts importants d’un département à l’autre en fonction du système de production conventionnel ou en AB. Ainsi les départements du Gers (22 T/Ha) et de l’Aude (45 T/Ha), se situent en dessous des 50 T/Ha mais ne concernent que des producteurs en AB.

Le département des Landes confirme sa disparition de la liste des départements producteurs.

La Dordogne (55 T/Ha), la Drôme (54 T/Ha), le Gard (59 T/Ha), le Tarn et Garonne (58T/Ha) et le Vaucluse (56 T/Ha) sont en dessous des 60 T/Ha.

Le Lot et Garonne (61 T/Ha), La Gironde et l’Isère (63 T/Ha), L’Hérault (67 T/Ha) franchissent le seuil des 60 T/Ha.

Enfin le Rhône (70 T/Ha) et les Bouches du Rhône (75 T/Ha) affichent les meilleurs rendements pour cette campagne 2018.

L’Hérault qui avait performé à 102 T/Ha en 2017, s’effondre avec sa plus mauvaise performance décennale.


Évolution des superficies par départements

 


Résultats nationaux et par principaux bassins de production 2010-2014

 

Résultats nationaux et par principaux bassins de production 2015-2018

 

La région Nouvelle Aquitaine, avec 4 départements et le département du Tarn et Garonne, après avoir dépassé les 70.000 tonnes en 2015, et retrouvé en 2017 son niveau de production plus habituel de 60.000 tonnes, ne totalise en 2018 qu’un peu moins de 30 % des livraisons nationales avec 41.000 tonnes.

Le département du Lot et Garonne maintient sa seconde place avec près de 25.000 tonnes, moitié moins que les 52.900 tonnes des Bouches du Rhône, qui perdent cependant 28.000 tonnes par rapport à 2017.

Avec ces résultats, la production nationale de 2018 ne couvrirait qu’un peu moins de 10,5 % des besoins la consommation apparente nationale de l’ordre de 1.341.000 Tonnes en Equivalent Frais, et maintiendrait la France parmi les tous premiers pays importateurs mondiaux de produits dérivés de la tomate transformée.


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